Exposition à Pierrefitte

Je suis heureux et nous sommes fiers de vous présenter ici Marie-Thérèse Tsalapatanis.
Marie-Thérèse est célèbre dans toute la France. Des dizaines d’expositions, individuelles ou collectives. Plus de 50 récompenses, médailles et distinctions dont les plus prestigieuses. Institut de France, Hommage à Rodin à la Défense, Assemblée Nationale, Sénat, Conseil Régional d’Ile de France, Académie des Beaux arts de Saint-Louis, Grand Palais, Salon des Artistes Français. Elle a reçu de multiples commandes de collectivités locales ou d’état dont un Don Quichotte, un bronze monumental de 2,80 m à Argenteuil.
Marie-Thérèse Tsalapatanis a commencé à exercer sa passion artistique dès l’âge de 10 ans à l’école des arts décoratifs du Louvre. Puis ce fut les Beaux Arts de Paris puis l’école supérieure des Beaux Arts. Du dessin elle est passée à la peinture puis à la sculpture. Du figuratif et notamment des portraits elle est passée à l’art contemporain. Consciemment ou non elle s’est laissé influencer par Giacometti et Daumier, et peut-être aussi par Picasso. De ses origines grecques et de Socrate elle est arrivée à Cervantès et son Don Quichotte, doux rêveur d’âpres combats et de grandes victoires contre un monde persécuteur. La monstration qu’en fait Tsalapatanis est particulièrement filiforme car c’est l’âme et la pensée du personnage qu’elle veut sublimer et non son corps si frêle et si fragile à l’image de ses armes lamentablement désuètes face à celles de ses virtuels ennemis.
Au-delà de Don Quichotte, Marie-Thérèse nous offre ici une forêt de créations. Certains verront dans ses personnages émaciés du ténébreux ou même du lugubre. En fait, tout comme pour le héros de Cervantès, l’artiste est en quête de la spiritualité de ses personnages. Et cette quête la conduit à les dépouiller, à les épurer au maximum, jusqu’au squelette. Pour elle le corps n’est-il pas qu’une enveloppe trop souvent déviante pour l’esprit mais aussi pour la recherche du savoir et de la connaissance souvent enfouis au plus profond de notre subconscient. Déviance aussi pour la confrontation intellectuelle, pour la dialectique. Socrate quand tu nous tiens ! ! !
Dans cet univers de créations la Femme tient une place essentielle. Sans Eve et encore plus sans Adam, l’artiste magnifie la Femme. Et ce ne sera jamais un cliché que de dire, comme Marie-Thérèse le sculpte, de dire que la Femme est création, maternité généreuse, vie et amour. Féministe avérée, elle ne s’appesantit pas sur cette dernière vertu, l’amour. Peut-être par crainte que l’harmonie d’un corps exhibé ne nuise à la dignité de l’être humain représenté.
Ne peut-on rencontrer la grandeur d’âme et d’esprit que dans des corps occultés réduits ou enlaidis ? Je poserai la question.
Pour donner une note d’humour sur ce sujet et sur le féminisme de notre invitée, je vais vous dire quelques mots à propos de sa Femme Feuille. A la base, l’artiste a voulu exprimer et louer le lien de la Femme et de la Nature, le végétal, la vie, ici représentée par une feuille.
Lorsqu’elle eut terminé son travail, elle s’est étonnée de constater que sa feuille représentait un sexe féminin ! Quelle horreur…ou quelle apothéose ! En tous cas, matière à sourire mais aussi à penser. Alors visitons et pensons.

d’après un texte de Jacques Mathey – Président du centre culturel de Pierrefitte   – 31 mars 2018

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