Discours de Michel Fourcade Maire de Pierrefitte

(…) 15 ans déjà, que le centre culturel nous étonne, nous éblouit ou parfois nous dérange par le choix de des œuvres présentées à l’occasion de son exposition de sculpture de printemps.
Cette année, l’équipe du centre à choisi de mettre en valeur le travail d’une seule artiste, Marie-Thérèse Tsalapatanis et, quel artiste.
Un petit tour sur la toile suffit pour nous montrer la grande diversité de son œuvre, qui n’a d’égale que sa renommée d’artiste à la fois sculptrice, dessinatrice, plasticienne.
Sous l’égide du 3CP qui a assuré la mise en scène de ses œuvres elle a choisi de nous entrainer dans un surprenant voyage onirique et contrasté.
Aux figures et aux silhouettes longilignes répondent des postures alanguies, des courbes généreuses et des formes pleines.
Ces corps stylisés répondent à d’autres, émaciés ou décharnés comme si, une fois le fugace instant de bonheur envolé, il ne restait plus qu’une intense détresse.
Souffrance ultime ou plénitude absolue sont ainsi les deux facettes d’un même talent qui s’exprime aussi bien dans le bronze qu’en terre cuite ou par la magie du crayon sur le papier.
De même que l’on a coutume de dire aux enfants que la valeur n’attend pas le nombre des années, on pourrait tout aussi bien dire que le talent ne se mesure pas à la taille de l’œuvre qu’elle mesure 3 mètres de haut ou 16 centimètres, celui-ci est identiquement présent.
Femmes élancées ou anges torturés, penseur qui n’est pas sans évoquer Rodin ou Don Quichotte, sorti tout droit du célèbre dessin de Picasso pour gagner forme et volume, les références à notre imaginaire collectif sont nombreuses.
On croise ainsi Fantine se tenant la tête rappel assurément du moment ou elle vendit ses cheveux pour payer la pension de Cosette chez Thénardier ou les terribles Parques romaines, qui, inlassablement déroulent le fil du destin de l’Homme, sans qu’il soit possible d’y sursoir.
Il n’est pas jusqu’à la représentation de la mystique italienne du XVIème, siècle, Osanna, qui n’ait pu faire penser à la penser à la petite sirène d’Andersen, définitivement prisonnière des eaux du port de Copenhague.
On croise, sur un socle, un curieux Chac-Mool, cette sculpture accoudée qui signifie en langage Maya – croyez-moi sur parole ! Vous savez bien que, comme vous, je parle le Maya couramment ! « Grand jaguar couché » …
Oui, je viens de vous dire : en une seule exposition, nous entamons de multiples voyages de par le monde mais aussi au plus profond de nous-même.
De la Rome antique aux temps présents, des hommes de pierre de Chichen Itza au Mexique aux moulins à vent des plaines de la Mancha, le voyage est une évidence.
Le parcours est aussi riche, lorsque sont dépeints les sentiments, les émotions, les questionnements et que chaque trait du visage de la statue de terre trouve au fond de nous un écho – à l’image de ce garçon dialoguant sur un banc avec un singe, comme si Darwin était venu visiter l’atelier de l’artiste…
C’est tout cela qui nous est donné à voir pendant trois semaines à la Galerie. Je suis certain que les Pierrefittois seront heureux de faire ce voyage, qui par certains aspects, ressemble à une quête initiatique d’une profonde humanité.
Je suis encore plus convaincu que (…) les enfants auront à cœur de faire s’exprimer, à travers toutes les œuvres de Marie-Thérèse Tsalapatanis, bien d’autres choses qui, si elles sont bien perçues et voulues par l’artiste, peuvent encore échapper à l’œil des adultes que nous sommes.
Je n’ai aucun doute pour ce qui est de la réceptivité du jeune public ! Je crois qu’une fois encore, les visites seront l’occasion de confrontations riches et étonnantes. De tout cela, je tiens en conclusion, à remercier l’artiste qui nous honore de sa venue, ainsi que les membres du centre pour leurs choix et leur implication.

Michel Fourcade
Maire de Pierrefitte
Conseiller départemental de la Seine Saint Denis
Vice- Président de la Plaine Commune

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